vendredi, 10 juillet 2009

La fin d'une ère

C'est un soir de liesse dans les chaumières:

J'ai mon année, avec une mention Bien, ce qui signifie que j'ai mon MASTER avec mention Bien, ce qui veut dire que...

Ben rien! Comme beaucoup de jeunes diplômés issus de formations universitaires généralistes, je vais galérer avant de pouvoir faire quelque chose de ce diplôme. Mais j'ai bon espoir malgré tout! Qui sait.

Pour l'instant, je profite de mon stage, de la Bibliothèque Polonaise - que j'aime décidément un peu trop - et de Paris. Quoique, ce weekend, je risque pas d'en voir beaucoup, sauf si je décide de pointer mon nez dehors malgré le temps pourri.

Bonnes nouvelles, non?


samedi, 20 juin 2009

If de Rudyard Kipling

C'est un poème que j'aime beaucoup, et qu'un ami m'a rappelé aujourd'hui. En premier, la version française, traduite de l'anglais par ; en second, la version originale (en anglais). Il faut savoir qu'il existe beaucoup de traductions de ce poème, en beaucoup de langues. Celle-ci est ma préférée.

C'est un poème qui rappelle que bien vivre demande des efforts constants contre les apparentes évidences et facilités de l'existence humaine.


Si - Rudyard Kipling


Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme, mon fils


If - Rudyard Kipling


If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;

If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build 'em up with wornout tools;

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on";

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings - nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man my son!

vendredi, 19 juin 2009

Vendredi, le jour des papas

Comme d'habitude, je rentrais de mon stage en RER. Certes, un peu plus tard que d'ordinaire, j'avais assisté à la moitié d'un récital de piano de Joanna Rozewska (pianiste surdouée de 20 ans qui nous a joué merveilleusement bien du Chopin et du Szymanowski). J'étais dans de bonnes conditions. D'idéales conditions, même. Je venais de me saoûler de musique: j'étais remplie d'amour et ça débordait.

Je regardais autour de moi. Et qu'ai-je vu?

Des pères.

Plein de pères avec leurs filles, ou leurs fils, qui prenaient le train pour rentrer chez eux avec leur enfant. Divorcés, séparés? Ou alors, en couple, mais prenant leur temps et refusant les stéréotypes? Ils prenaient leur gamin sur leurs genoux en s'asseyant sur les strapontins du RER B.

J'ai assisté à une scène très attendrissante. Un papa, à peine plus vieux que moi (je lui donnais moins de trente ans), avait sa fille sur ses genoux (elle devait avoir l'âge d'être au CP). Lui, le jean baggy camouflage, les Vans aux pieds et la tête rasée, elle, toute de rose vêtue, tête d'ange, son doudou élimé dans les bras. Le type d'en face, parfait inconnu qui grignotait ses M&Ms d'un air las, lui a donné la fin de ses bonbons qu'elle a accepté, encouragée par son papa, puis elle les a grignoté timidement, sourire aux lèvres. J'ai pas pu m'empêcher d'avoir un sourire nigaud sur le visage.

Merde alors, ce que j'ai envie d'avoir des gosses! Dommage, en ce moment, c'est un peu hors de question. En fait, j'ai surtout envie qu'ils aient un bon père. J'ai le choix: soit je continue à m'amuser et je mets de côté cette envie de fonder une famille, soit je mets de côté mes aspirations à la liberté en devenant une jeune maman. Choix cornélien. Surtout en ce moment.

samedi, 13 juin 2009

Petite Citation du Jour (de la Semaine, ou du Mois)

Un dessin de Miss Tic, artiste qui au fil de ses pochoirs à Paris laisse entrevoir une belle idée de la féminité et des sentiments:

"S'offrir quand tout se vend".

Merci France 2 et ton JT pour m'avoir fait redécouvrir Miss Tic, dont j'avais entendu parler et que j'avais mise dans un coin de ma mémoire peu fréquenté :-)

A méditer... enfin je sais que je vais le faire, entre deux pages de mon rapport de stage!

 

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lundi, 27 avril 2009

Ponyo, Ponyo

Je suis allée voir hier "Ponyo sur la falaise", le dernier-né de Hayao Miyazaki (mon Dieu, que j'ai du mal à me souvenir de son prénom).

Ponyo-sur-la-falaise-28583.jpgTrès joli film d'animation; j'ai adoré! Comme d'habitude, j'ai pleuré, donc je ne me formalise plus (mes larmes ne sont plus un gage de qualité, j'en ai trop versé!). La salle était petite, mal proportionnée et l'écran était minuscule, mais j'avais mes lunettes et j'ai pu lire malgré tout les sous-titres; contrairement à la nana qui était assise devant moi, je suis pas bilingue français-japonais. Je me suis cependant amusée à reconnaître les mots venant de l'anglais: "engine", "gasoline", "ham" (Ponyo adore le jambon, allez savoir pourquoi)... Enfin, venons-en au film en lui-même.

Mais alors, quelle belle histoire que celle de ce petit poisson (petite poissonne?) qui, s'éloignant de sa famille du fond des mers, vient illuminer la vie de Sosuke, petit garçon de cinq ans, lui bien terrestre. Comme je ne connais pas très bien Miyazaki, je ne vais pas comparer ce film à ses précédentes productions. Mais Ponyo m'a donné envie de voir le reste et je ne pense pas être déçue, tant les critiques se font unanimes à propos du personnage.

Ce film est un hymne à la vie, à toutes les générations... Et avant tout, un hymne à l'amour, l'amour filial (père absent de Sosuke, mais la symbolique est bien là, elle: le marin, le "héros" bravant les éléments; mère et père de Ponyo, couple improbable mais que l'amour unit malgré tout), comme l'amour tout court, magique, simple et indestructible, naissant entre Ponyo et Sosuke, pourtant amenant son lot d'épreuves douloureuses... Un conte, universel, quoi!

Ce n'est pas un film pour les enfants; enfin si, mais pas uniquement. Quand on sort de la salle, on a la tête pleine de rêves et de chansons, de couleurs, et on déborde d'amour! Tout adulte y a droit de temps en temps... Comme si les films qui rendent heureux c'était pas raisonnable pour les adultes. Que j'entende un seul "cul-cul la praline" et le coupable verra mes foudres s'abattre sur sa personne :-)

Ah, l'amour... L'amour, qui transforme les gens. A retenir et pourquoi pas à méditer le soir, en attendant le lendemain...